LA BUTTE CHALMONT - MONUMENT NATIONAL DE LA 2ème BATAILLE DE LA MARNE

LE CONTEXTE HISTORIQUE

 

Pour les Alliés, le "Miracle de la Marne" en septembre 1914, se manifestera lorsque la première armée allemande retraitera, de la région de Meaux, pour s'établir sur la rive nord de l'Aisne. Pour la deuxième bataille de la Marne, dont la majeure partie se déroule dans le département de l'Aisne, on ne parlera plus de "miracle" mais de victoire obtenue par le courage des hommes et la qualité des stratèges. Deux noms doivent être cités en priorité : celui du Général Pétain qui commande l'Armée Française, à laquelle il a redonné l'espoir et à qui il a défini une nouvelle technique de défense en profondeur, afin d'éviter l'écrasement et la destruction, en première ligne, des troupes qui tiennent le front; le Général Foch qui coordonne les Armées Alliées et qui avec Pétain élaborera la contre-attaque surprise du 18 juillet 1918.

La première offensive, du 21 Mars 1918, perce le front à la jonction des armées anglaises et françaises, à la hauteur de Saint Quentin, et pousse vers l'ouest. Le général Foch, nommé coordinateur des forces alliées, arrête avec beaucoup de difficultés, les Allemands aux portes d'Amiens.

Une deuxième offensive allemande, le 9 Avril, au nord de Béthune, tente la percée en direction de Calais et Boulogne pour couper le ravitaillement anglais. Cette offensive sera aussi contenue.

N'ayant pas épuisé ses réserves, Ludendorff, enfonce, le 27 Mai, le front au "Chemin des Dames" et oriente cette troisième offensive, plein sud, vers la Marne et la route de Paris. Cette tentative est réussie, la percée creuse une "poche", un saillant qu'ils tenteront d'élargir, sans succès, au début juin.

 

Ce saillant peut être grossièrement dessiné comme un quadrilatère limité à l'est par la montagne de Reims, à l'ouest la lisière de la forêt de Villers-Cotterêts et limité au sud par la Marne.

Au centre du quadrilatère, le plateau du Tardenois avec une ville principale : Fère-en-Tardenois, l'Ourcq traverse ce plateau d'est en ouest et une longue ligne de crête domine la rive nord de l'Ourcq. Cette crête s'élève depuis la Savière, à Villers-Hélon, passe par Blanzy, Le Plessier-Huleu, Le Grand-Rozoy, Beugneux, Cramaille et s'abaisse entre Saponay et Fère-en-Tardenois, remonte au nord de Fère et continue vers l'est par Seringes, Sergy, Cierges, le Bois Meunière en direction de la Montagne de Reims.

Cette crête est une défense naturelle redoutable pour un assaillant attaquant du sud vers le nord, elle n'offre au centre qu'un étroit passage entre Saponay et Fère.

C'est dans cette région de Fère-en-Tardenois que va se jouer le dernier acte, l'acte le plus décisif de la 2ème bataille de la Marne, donc celui de la bataille qui a conduit les armées alliées, en trois mois, à la victoire du 11 Novembre 1918.

Après leur succès de la fin mai et du début juin, les Allemands veulent donner le coup de grâce aux Alliés en perçant au centre du front, en partie à partir de la "poche", par une gigantesque opération en tenaille autour de Reims. Double attaque simultanée sur deux fronts d'une trentaine de kilomètres chacun, à l'est de Reims sur la 4ème Armée et à l'ouest sur la 5ème Armée (Montagne de Reims) et une partie de la 6ème (Vallée de la Marne, jusqu'à Mont-Saint-Père).

Cette attaque est prévue pour la nuit du 14 au 15 juillet, dans l'espoir que les Français seront plus facilement surpris au lendemain de leur fête nationale.

A la 4ème Armée le Général Gouraud a strictement appliqué les directives du Général Pétain, la défense en profondeur s'avère redoutablement efficace, les pertes allemandes sont énormes, c'est l'échec complet. Sur le front ouest de Reims, les Allemands arrivent à franchir la Marne et à progresser dans la Montagne de Reims. Ils tenteront le 16, le 17 et le 18 d'élargir leur percée en direction d'Epernay, mais ils seront bloqués.

C'est à ce moment, le 18 juillet que l'attaque alliée, prévue pour étrangler la "poche" se déclenche au matin sans préparation d'artillerie, c'est la surprise totale chez les Allemands. La 10ème Armée (Mangin) attaque entre l'Aisne et l'Ourcq et la 6ème (Degoutte) entre l'Ourcq et la région de Château-Thierry, c'est une attaque ouest-est.

Le 18 et le 19 juillet la progression est bonne, mais le saillant contient les troupes et les munitions en réserve pour l'exploitation de la percée attendue par les Allemands, ces derniers vont réagir très énergiquement pour bloquer l'attaque et rétablir leur front sur une ligne solide. La 10ème Armée va être bloquée au sud de Soissons le long de la route de Château-Thierry, les Allemands tiennent les hauteurs redoutables de Buzancy, du Bois d'Hartennes, du Bois Saint Jean. Les meilleurs troupes alliées (Division Marocaine, 1ère et 2ème Division Américaine, Britanniques, 67ème R.I., ...) verseront leur sang pendant dix jours sur cette ligne sans pouvoir l'entamer.

La 6ème Armée, elle, va progresser au sud-ouest de l'Ourcq, dégageant la région de Neuilly-Saint-Front et Château-Thierry et donnera l'assaut à la cote 141 afin de reprendre Coincy avant d'attaquer Fère-en-Tardenois par le sud. Mais au nord de l'Ourcq, le front au sud de Soissons reste infranchissable.

Pour faire sauter ce verrou, il faut prendre la longue crête qui domine la rive nord de l'Ourcq au Plessier-Huleu, au Grand-Rozoy et à Beugneux, cette barrière est le flanc sud du nouveau front mais cela n'est possible si l'on tient la région de Coincy (ce qui est fait par la 6ème Armée) et la Butte Chalmont qui est à la fois un extraordinaire observatoire et une remarquable position pour installer , à contre-pente, de l'artillerie.

Les Alliés vont-ils pouvoir prendre cette longue crête ? Si ce rempart naturel est franchi la ligne de défense au sud de Soissons peut-être facilement tournée, les Allemands n'auront d'autre choix que la fuite derrière la Vesle.

 

Le monument de la Butte Chalmont marque la plaine d'où sont partis à l'assaut des milliers de soldats alliés pour enlever la crête sur toute sa longueur à la fin juillet et au début août 1918. C'est avec leur sang que la percée fut réussie, ils ont déverrouillé le dispositif allemand du Plessier-Huleu à Cierges, mettant en fuite l'envahisseur. Ces combattants ne s'arrêteront plus de donner l'assaut dans les trois mois suivants, jusqu'à la mi-novembre où l'ennemi demandera l'armistice.

La Butte Chalmont n'est pas un lieu symbolique choisit au hasard.

Les acteurs prestigieux de la 2ème bataille de la Marne ont choisi, eux-mêmes, ce haut lieu comme symbole résumant la globalité de la bataille, qui a vu les Alliés : Italiens, Britanniques, Américains et Français venir à bout de l'extraordinairement puissante attaque du 15 juillet 1918.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE SCULPTEUR, PAUL LANDOWSKI

La butte Chalmont est le verrou sud du rempart naturel, qu'est la crête qui court de la Savière à Saponay, cette butte doit être impérativement prise pour pouvoir tenter l'assaut vers le nord.

Nos grands anciens ont choisi cet endroit car de son sommet on voit les lieux des combats glorieux mais combien sanglants qui ont permis la prise de la ligne de crête qui verrouille la rive nord de l'Ourcq. Du sommet, en balayant l'horizon nord de l'est vers l'ouest on découvre les lieux des combats suivants :

Derrière Fère-en-Tardenois à Ronchère, le Bois des Grimpettes (28ème D.I. U.S.), Les Jomblets (32ème D.I. U.S.), Cote 212, est de Sergy, Meurcy, Seringes (42ème D.I. U.S.), Fère-en-Tardenois (62ème D.I.), Saponay (63ème D.I.), Cramaille, Beugneux (34ème D.I. Brit.), Grand-Rozoy (25ème D.I.), Plessier-Huleu (1ère D.I.), Saint-Rémy-Blanzy (5ème D.I.), au nord de la crête en direction de Soissons les combats du 20ème C.A..

En balayant, vers le sud, d'ouest vers l'est Crouttes (41ème D.I.), Latilly, Coincy (63ème D.I.), Armentières (2ème D.I.), Villeneuve-sur-Fère (62ème D.I.)

Le panorama que l'on découvre du sommet de la Butte Chalmont est un panorama sacralisé par le sang et la sueur des milliers de combattants qui sont tombés sur la rive nord de l'Ourcq. Cet effort suprême des Alliés a fait perdre aux Allemands le verrou sud de Soissons et a rendu impossible pour eux de garder une tête de pont au sud de la Vesle.

 

Nous savons que les Allemands masseront beaucoup de troupes, au nord de la Vesle, pour attendre l'assaut des Alliés. Mais nos brillants chefs militaires attaqueront beaucoup plus au nord, là où une fois encore, l'ennemi ne s'y attendait pas. La victoire était en route, c'est à la Butte Chalmont qu'elle avait prise son envol.

Cette butte est donc à la fois un lieu du souvenir, un sanctuaire du sacrifice des Alliés mais aussi un outil pédagogique pour comprendre le tournant décisif de la Grande Guerre qui s'est joué en partie sur la rive nord de l'Ourcq.

BIBLIOGRAPHIE

Pour mieux comprendre l'importance des combats de l'Ourcq, on peut lire sur notre site dans :

le menu des troupes américaines :

LES AMERICAINS SUR L'OURCQ, LES COMBATS DE LA 42EME ET 28EME DI US

LES SOUVENIRS DU GENERAL MACARTHUR - 42ème D.I. U.S.

LES AMERICAINS A LA FERME DE MEURCY

LA 28ème DI US, JOURNAL EN ANGLAIS D'UN MEDECIN

le menu des troupes britanniques :

THE ROLE OF THE 34th BRITISH DIVISION IN THE BATTLE OF THE MARNE

FIGHTS OF THE BRITISH TROOPS, 1st/6th AUGUST

 

le menu des troupes françaises :

LA 62 ème DI COMBAT PENDANT DEUX SEMAINES

LA 63ème DI, LATILLY, ROCOURT, COINCY, SAPONAY

23ème RI, ANCIEN-VILLE, CHOUY, OURCQ, OUCLCHY-LE-CHATEAU, BUTTE CHALMONT

48ème RI DE LA FORET DE VILLERS COTTERETS VERS LE GRAND ROZOY

LE 98ème RI DANS LA REPRISE DU GRAND-ROZOY

LE 98ème R.I. (25ème D.I.) DANS LA 2ème BATAILLE DE LA MARNE, PLESSIER HULEU, GRAND ROZOY, VESLE. 2ème texte, plus court

120ème RI, 2 RECITS D'ATTAQUE VERS LE GRAND ROZOY

RECIT PERSONNEL DU CNE TROCME SUR LES COMBATS DE LA 62ème D.I.,

201ème RI DEPUIS LONGPONT VERS LE PLESSIER HULEU PUIS LE GRAND ROZOY

LE 233ème R.I., 1ère DI, ATTAQUE EN DIRECTION DU PLESSIER-HULEU

LE REGARD DU SOUVENIR

Le panorama, sur 360 , permet de découvrir les nombreux combats et les unités engagées dans la région. Le spectateur, du haut du sommet embrasse du regard une dizaine de jours de combats où les Alliés ont progressé du sud vers le nord et de l'ouest vers l'est dans cette grand plaine du cur du Tardenois.

On ne peut du regard "compartimenter", l'immense champ de bataille. mais les Américains de la 28ème D.I.U.S. doivent rester aussi proche, dans la vision, que les Anglais de la 34ème D.I. Brit ou les Français de la 25ème D.I..

Ils sont tous unis dans le même élan, beaucoup sont morts sur ce champ de bataille de l'Ourcq, laissons les, aujourd'hui encore, ensemble, unis dans le même souvenir, unis dans la même contemplation de la crête à conquérir.

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